L’expression n’est pas nouvelle, loin de là. Mais ce soir, un Monsieur dans l’autobus m’a gentiment fait remarquer que, à part lui, absolument tous les passagers, incluant moi, étaient connectés à la matrice. L’espace social qu’est l’autobus n’existait pas ce soir dans la 27 St-Joseph. Certains étaient dans leurs pensées, écouteurs aux oreilles. D’autres jouaient à des jeux sur leur iPad. Quelques uns s’inventaient un nouveau lieu d’échange et de communication qu’il est impossible pour moi de définir. Dans mon cas, j’étais dans un bar à Moncton, avec mon bon ami. MMS et SMS comme seul canal de communication, je pouvais m’évader de la monotonie de l’autobus.
Cependant, ce soir, un homme, tel un Morpheus, m’a fait manger la pilule bleue. Ce soir, l’instant d’une ride de bus, j’ai fait partie du monde réel. Et maintenant, chez moi, retour dans le confort de la matrice.





