Lassonde fait marche arrière et remboursera finalement les frais d’avocat de Mme Olivia’s Oasis. C’est tant mieux.
Mais ce qui est impressionnant, c’est la vague de commentaires négatifs sur les réseaux sociaux. Le réel pouvoir de ceux-ci est probant dans cette controverse. Les petits internautes qui font bouger le géant du jus de fruits.
Cependant dans les réseaux sociaux, un événement, qu’il soit positif ou négatif, peut prendre des proportions énormes très rapidement. Mais, en général, ça ne dure pas longtemps. Les internautes passent vite à un autre appel, sautant sur la prochaine vague de l’heure. Un boycott des jus Lassonde, qui sont quand même plutôt présents dans l’alimentation des gens, c’est aussi loufoque que de dire qu’on boycott l’essence. Ça aurait probablement duré une, deux, peut-être trois semaines avant que toute cette controverse tombe dans l’oubli. L’humain est fait comme ça, notre cerveau est fait comme ça. On refoule, on classe et on n’y pense plus.
Lassonde a agit en bon citoyen corporatif après avoir massacré son adversaire. Elle s’assure de rétablir sa réputation à court terme. Mais d’avoir continué à s’acharner sur Olivia’s Oasis n’aurait probablement pas écorché son chiffre d’affaire ni sa réputation à long terme. Dans ce domaine, Apple est un maître de ce genre de poursuites bidons et personne ne pense à boycotter Apple quand le nouvel iPhone sort sur le marché.
L’expression n’est pas nouvelle, loin de là. Mais ce soir, un Monsieur dans l’autobus m’a gentiment fait remarquer que, à part lui, absolument tous les passagers, incluant moi, étaient connectés à la matrice. L’espace social qu’est l’autobus n’existait pas ce soir dans la 27 St-Joseph. Certains étaient dans leurs pensées, écouteurs aux oreilles. D’autres jouaient à des jeux sur leur iPad. Quelques uns s’inventaient un nouveau lieu d’échange et de communication qu’il est impossible pour moi de définir. Dans mon cas, j’étais dans un bar à Moncton, avec mon bon ami. MMS et SMS comme seul canal de communication, je pouvais m’évader de la monotonie de l’autobus.
Cependant, ce soir, un homme, tel un Morpheus, m’a fait manger la pilule bleue. Ce soir, l’instant d’une ride de bus, j’ai fait partie du monde réel. Et maintenant, chez moi, retour dans le confort de la matrice.
Les indignés de Montréal “apprennent à vivre ensemble”… en mettant en place des règles et structures sociales qui sont calquées sur celles de la société sur laquelle ils s’indignent. Verront-on apparaître un micro-groupe des indignés des indignés?






